Ça danse
dans la rue ça danse
et comme je respire à l’envers
expire la mélodie aux travers
des moteurs et des éclats de voix
mes pieds qui tapent
et le vent qui frotte dans mes bronches
la mélodie parmi
le bruit des clefs le bruit des pas
dedans
le bois frotte, inspire à l’envers
derrière les murs ils ne savent pas
le bois rauque et le bruit blanc des trains
le bruit blanc des enregistrements
il se passe tant et tant de choses
dedans
ils ne savent pas, dehors dans la rue
ils dansent de l’autre côté des murs
ils ne savent pas : les silences
dans mon cœur, encore, quelque chose tape
la mélodie
plus fort au dedans qu’au dehors
plus libre au dedans qu’au dehors
ils ne savent pas : les sommets
où s’étire, dedans, la mélodie
ils ne savent pas : la profondeur de champ
de mon petit corps
ils ne savent pas : l’écho et les chambres de résonance
dans le petit corps qui est le mien
qui se glisse entre les leurs
celui qu’ils voient
et qu’ils ignorent
dans la rue chacun le sien
dehors et partout où ça danse
dehors partout où ça danse